L’appel du règne de l’humain dans « Les amants de l’Atlantide »

Quand Selena pénètre dans la cour des miracles, au coeur de la vieille cité d’Atlantide, pour y apporter des idées nouvelles…

« Je voudrais que finisse le règne de l’argent, pour que commence celui de l’humain. Par l’humain, je n’entend pas l’ambition personnelle et le culte de la réussite qui ne fait que diviser. Si vous cherchez, vous que l’on a opprimé, rabaissé, humilié, à vous élever individuellement dans cette société et à prospérer sans considérer le sort de votre voisin, vous n’y gagneriez rien de solide, de définitif; rien qui ne s’écroulera au passage d’un plus riche, d’un plus ambitieux que vous. La fortune est changeante, dit-on ; alors forgeons une société qui fasse reculer l’influence du hasard, qui garantisse au malchanceux une vie aussi décente qu’à l’être favorisé par le sort. Le véritable être humain, c’est celui qui contemple son malheur à la lumière de celui des autres ; c’est celui qui comprend que sa misère n’est pas individuelle mais dépend de la misère générale, qu’elle est la conséquence de la misère générale. Et cette misère n’est pas une loi de la fatalité ! La terre est assez fertile pour nourrir toutes les créatures qui y vivent, sans que nul ne soit lésé. Songez donc à ce que vous pouvez légitimement réclamer : un foyer et du pain pour toutes les familles, l’instruction gratuite pour tous les enfants sans distinction de sexe ou de condition sociale…
– C’est un rêve, une utopie ! interrompit brusquement une femme alors que quelques ricanements se faisaient entendre.
– Un rêve ? Au contraire, il me semble que ce sont les conditions minimales d’une vie acceptable. Quoi de plus élémentaire, dans une société civilisée, que de s’attacher à éradiquer la famine et l’ignorance? Le cerveau humain a pu concevoir tant de merveilles, et il serait incapable de mettre fin à ces simples maux ? Non, ces premières revendications ne feront encore pas de notre monde un paradis sur terre ; il y a loin de la satiété au bonheur. Le pain, les toits et les écoles que vous obtiendrez n’ôteront guère qu’une infime part de ses plaisirs superflus à l’aristocratie, une symbolique aumône au Temple. Pourtant, ces deux entités s’estimeront lésées ; elles ne reculeront rien pour préserver leurs privilèges iniques au nom de la propriété, du mérite et même de la morale ! »

 

 

Les avis livresques du Phoenix, à propos du roman « Les amants de l’Atlantide » !

#Lune, chroniqueuse des Avis livresques du Phoenix, partage sa lecture enthousiaste du roman « Les amants de l’Atlantide » :

C’est une histoire très bien écrite avec une intrigue riche en émotion, des sentiments présents et très profonds.
On s’attache énormément aux personnages. L’univers est intéressant.
Je dois avouer que je l’ai lu rapidement, il m’a émue et rendue sans voix. À mes yeux c’est un vrai chef-d’oeuvre.

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La dernière nuit d’Arsinoé

Arsinoé IV, sœur cadette de la grande Cléopâtre, fut tour à tour reine d’Egypte, esclave de Rome et réfugiée du Temple d’Artémis à Éphèse (actuelle Turquie), une des Merveilles du monde antique. Elle y trouva la mort très jeune, assassinée sur ordre de Marcus Antonius. Sa sépulture a été retrouvée et a permis des découvertes importante sur la dynastie des Lagides et notamment sur l’origine de la dernière pharaonne d’Egypte.

Moins célèbre que sa sœur aînée, injustement méconnue, Arsinoé est le personnage central d’une pièce de théâtre de Violaine Darmon. Quel peut être le profil psychologique d’une aussi jeune fille au vécu extraordinaire, réfugiée d’un temple normalement inviolable, mais condamnée à mort ou à l’esclavage au-delà de son enceinte ?

ARSINOE : Ô, Artémis ! que le monde est gris malgré son aveuglante clarté… Le soleil brille insolemment, le ciel affiche une imperturbable couleur de saphir, et moi je suis seule… Toutes ces tortures morales sont vaine ; il faudrait pouvoir vivre uniquement par les sens, non par le cerveau ! J’ai essayé de ne penser qu’à la douceur de l’air effleurant ma peau, qu’au parfum vibrant des violettes sauvages, au chant estival des criquets, aux reflets mauves de la mer et au goût juteux des raisins… Chaque fois que j’y parvenais, une petite voix aiguë interrompait mes plaisirs et me susurrait l’histoire de ma vie passée. Alors la mort platonique que je désirais laissait place à une cascade de vie qui me précipitait plus sûrement au fond du gouffre. Peut-être ai-je une défense naturelle et héréditaire contre la tranquillité ?