Le Violon-Lyre

Publié par Violaine Darmon le

Magique instrument enfanté par les siècles, dont l’humaine voix imite celle des anges et des fées, le violon est l’héritier des antiques instruments des aèdes et des troubadours, celui qui raconte et celui qui ponctue, celui qui est voix et se fait voix pour chanter l’inénarrable ou rythmer la parole, sage ou folle, folle même d’être sage, du poète moderne.

A-t-on trouvé plus élégant que l’archet, fils d’une baguette de fée et de l’arc d’Artémis, à moins que ce ne soit celui de Cupidon, pour faire vibrer, de ses crins ailés de Pégase, les cordes altières, dressées soudain sous l’impact du sang de l’arbre ?

 

Fi des métaphores ! Je rêve d’un spectacle où le violon viendrait ponctuer le récit comme la lyre d’Homère devait rythmer l’Iliade.

 

Fi des comparaisons ! Je rêve d’un spectacle où la ritournelle serait partie intégrante de l’épopée.

 

Le violon est un être errant, marchant, titubant parfois ; le nomade par excellence, en concurrence avec la flûte, le doux aulos, mais qui a sur elle cet avantage que la bouche se libère pour la parole.

 

Et désormais nous avons besoin de cette parole, parole de la nuit des siècles, parole des poétesses et des trovairitz, parole universelle, que dire ? Lorsqu’on ne sait quoi affirmer, n’est-il pas sage de commencer par une question ?

 

Où sont de nos jours les Prévert et les Cocteau, pour concevoir sous nos yeux émerveillés le premier Violon-Lyre ?

 

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